Le dossier a été remis au gouvernement
Ce patrimoine «qui mêle richesse culturelle, histoire transnationale et pratiques sociales uniques» a été déposé le 30 janvier au patrimoine mondial de l’Unesco
Le ministère de l’Education nationale, celui des Arts et de la Culture et le Cndrs, en collaboration avec l’Unesco et l’ambassade de France à Moroni, avaient tenu, le 24 janvier dernier au Retaj Le Moroni, un «forum de validation de la proposition d’inscription des médinas des Sultanats historiques des Comores au patrimoine mondial». Il s’agissait du tout dernier processus avant le dépôt du dossier qui était prévu, au plus tard, le 31 janvier dernier.
A cette occasion, la ministre de l’Education nationale par intérim, Fatima Ahamada, avait déclaré : «L’inscription des médinas des Sultanats historiques au patrimoine mondial n’est pas seulement une reconnaissance internationale de leur valeur universelle exceptionnelle, mais également une opportunité unique pour notre Nation».
«Hommage à Fatima Boyer et au Dr Bourhane Abderemane»
Selon elle, cette inscription va permettre au pays de renforcer son identité culturelle, de promouvoir le dialogue entre les générations, et de contribuer au développement économique et touristique durable. Ce «forum de validation constitue une étape cruciale dans ce processus ambitieux «rendu possible par les contributions des experts, des acteurs locaux, des gestionnaires de sites et de la société civile», avait-elle soutenu.
A la fin du forum, le directeur général du Cndrs, Dr Toiwilou Mze, en tant que coordonnateur du projet, a remis, officiellement, au ministre de la Culture, au gouverneur de Ngazidja et au ministre de l’Education, le dossier d’inscription qui allait être signé par le chef de l’Etat.
«Je dois rendre hommage à madame Fatima Boyer et au Dr Bourhane Abderemane qui ont travaillé sur ce dossier depuis bien des années. Ce denier mérite, même, qu’une partie du dossier porte son nom. Nous ne devons pas oublier ces gens qui, sans leur contribution, ce document n’aurait pas vu le jour», a souhaité l’ambassadeur des Comores auprès de l’Unesco, Dr Mohamed Bajrafil.
«Patrimoine exceptionnel»
L’Afrique ne dispose que de soixante et un sites et généralement constitués de sites naturels. «Aujourd’hui, nous allons pouvoir inscrit six biens d’un coup. Il s’agit du projet de tout un pays et non celui d’un tel ou d’un tel autre. Nous sommes dans la ligne droite de rentrer dans l’histoire», devait-il renchérir.
Lors de la présentation du dossier, le directeur général du Cndrs a soutenu que les médinas des Sultanats historiques des Comores représentaient un «patrimoine exceptionnel», mêlant richesse culturelle, histoire transnationale et pratiques sociales uniques. «Ce patrimoine, à la croisée des mondes africains, arabes et indiens, témoigne de la vitalité des échanges commerciaux et culturels dans l’Océan indien du XIVᵉ au XIXᵉ siècle. L’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco est une opportunité de préserver et de valoriser ces trésors historiques tout en renforçant le développement durable et le rayonnement international des Comores», a-t-il soutenu.
Pour sa part, le gouverneur de Ngazidja a assuré que «en tant que gouverneur de l’Ile autonome de Ngazidja et représentant le président de l’Union des Comores, je m’engage à poursuivre, avec vous tous, les efforts nécessaires pour que ce projet aboutisse».